Mon banquier a maigri : comment j’ai gagné 80000 euros en 2h

OK j’ai un peu abusé, le titre de cet article fleure bon l’attrape-nigaud, mais j’assume. Non je n’ai pas trouvé une solution miracle pour gagner de l’argent à domicile en travaillant moins qu’un député européen. Non, j’ai juste fait ce que tout personne sensée devrait faire en ce moment (les ministres grecs par exemple) : renégocier son crédit. Et plus particulièrement ceux qui ont acheté leur appartement ou maison avant 2010 et ont encore de longues années de remboursement. Eléments de contexe.

Les intérêts, cette double peine

Qui aime donner de l’argent à sa banque ? Moi non plus. Si vous avez déjà fait le calcul du coût de revient d’un crédit immobilier, le résultat peut faire peur. Avec un taux à 4,30% hors assurances (un taux moyen mais pas rare en 2007), notre emprunt de 241 000 euros sur 30 ans nous revenait à… quasiment 400 000 euros. Soit 160 000 euros d’intérêts à rembourser, un surcoût de 65% par rapport au coût d’achat de notre maison.
C’est que les intérêts sont payés chaque année, et finissent par s’additionner sur le long terme (même si leur montant décroît d’un trentième par année). On ne s’en rend pas compte immédiatement, et l’on apprécie ce système qui permet à une famille aux revenus moyens d’accéder à un bien largement au delà de leurs moyens.
La vraie injustice du système, on la découvre quand on se demande ce qu’on aurait fait si on avait été « riches », c’est à dire si l’on avait disposé d’un capital à investir et donc d’un apport important : en étant déjà riches, nous aurions bénéficié d’une exonération d’intérêts qui nous aurait fait économiser jusqu’à 160000 euros supplémentaires, donc nous aurait rendus encore plus riches. Au lieu de ça (nous ne sommes pas « pauvres » certes, mais n’avons pas vraiment de capital), la charge des intérêts d’emprunt va finalement engloutir jusqu’à 9000 euros par an (la loi de 2007 ayant limité la casse en permettant une déduction de 50% puis 20% sur les intérêts versés dans les 5 premières années, mais pas les 25 suivantes). Les taux d’intérêt ont donc un impact majeur sur le pouvoir d’achat des ménages accédant à la propriété, surtout à des niveaux supérieurs à 3% et sur de longues durées d’emprunt.

La chute des taux

Retour en 2015, où notre crédit a 8 ans et (après une première renégociation), court encore 16 ans. Pour ne rien arranger, nous avions choisi un crédit lissé avec un crédit auto, ce qui fait que nous n’avons finalement remboursé qu’une petite partie du capital ET DES TONNES D’INTERETS. Combien ? Un déprimant calcul nous apprend que nous avons remboursé 40000 euros de capital (SEULEMENT ???) et qu’il nous faut encore payer 104000 euros d’intérêts.
Or les taux d’intérêt, nous dit-on, on chuté ces dernières années, jusqu’à descendre au dessous de 2% pour des emprunts sur 10 ans. Oui c’est bien, mais avec les frais de remboursement anticipé, c’est pas sûr qu’on y gagne grand chose. Sans compter la paperasse et l’éventuelle galère du changement de banque. On n’y croit pas trop, mais ça ne coûte rien de se renseigner. Nous tentons alors une simulation sur un site comparateur de taux d’emprunt, et découvrons avec une stupeur incrédule que nous pourrions réduire notre taux jusqu’à 1,8% sur 10 ans. Habitués à ne pas croire aux trop belles promesses, nous décidons par prudence de prendre une marge et de vérifier ce que donnerait un taux à 2,4% sur 16 ans. 40000 euros d’intérêt, moins quelques milliers d’euros de frais de remboursement et de frais de dossiers, cela nous ferait économiser 60 000 euros. On a beau refaire les calculs, cela tombe juste, et l’on commence à espérer que ce soit vrai.

Changer de banque

Nous contactons alors notre banquier avec cet objectif en tête : économiser 60 000 euros, et si possible réduire la durée du prêt. On est généreux, on se doute qu’il ne pourra pas forcément s’aligner sur les meilleurs taux du marché, aussi on est prêt à lui accorder un taux supérieur à la moyenne nationale pour éviter d’avoir à changer de banque. Le banquier nous oppose une fin de non-recevoir : du fait que notre prêt était « lissé », il est impossible de le renégocier à taux avantageux. On insiste. Notre banquière nous confirme ne pouvoir rien faire, elle n’a pas le droit de racheter son propre crédit. Il va falloir lui faire des infidélités. Plan B : nous contactons une deuxième banque, et là, le verdict tombe.

« Je vais voir si je peux vous obtenir un taux un peu plus bas »

Dès le premier rendez-vous, la directrice d’agence nous propose un taux à 2% sur 16 ans. Et encore mieux, 1,8% sur 10 ans. Sans négociation, sans avoir besoin de lui brandir les taux trouvés sur Internet sous le nez. C’est le jackpot. Elle termine l’entretien par un petit bonus : « Je vais voir si je peux vous obtenir un taux un peu plus bas ». Quelques jours plus tard, elle nous propose 1,75%. On se donne quelques jours pour réfléchir, mais les autres banques ne répondent pas. Le calcul est vite fait : le coût du crédit descend à 19 000 euros, et l’assurance est moins chère que précédemment.

Tout mis bout à bout (frais de remboursement anticipés, frais de dossiers, etc.), on arrive à un gain d’un peu plus de 79000 euros, et un crédit raccourci de 6 ans. On est les rois du monde ! Rendez-vous pris, on signe. Et voilà, c’est fait. En deux rendez-vous d’une heure, le poids qui pèse sur nos épaules de petits banlieusards endettés vient de s’alléger nettement.

Alors oui après les rendez-vous avec la banque, il y a eu un peu plus de 2h de boulot parce que le changement de domiciliation bancaire est long et fastidieux, mais pour presque 80000 euros, on se dit que ça valait vraiment le coup d’essayer.

Le petit bonheur, quand on regarde l’échéancier de remboursement, c’est de voir que le capital restant à rembourser descend maintenant deux fois plus vite. Bientôt libres (plus que 10 ans) !

Les conditions à réunir

Pour faire une si belle affaire, il faut que soient réunies plusieurs conditions :

  • un taux d’emprunt initial élevé, supérieur de 1 point aux taux actuels (on était à +2,5 points)
  • une durée restant à rembourser élevée : c’est moins intéressant si le prêt arrive bientôt à échéance
  • le top du top : le crédit lissé qui nous a fait rembourser beaucoup d’intérêts et peu de capital au départ. En gros, plus on s’est fait entourlouper, plus on peut y gagner ;)
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