Développeurs : à quel âge serez-vous trop vieux ?

De plus en plus de jeunes se retrouvent à des postes à responsabilité dans le secteur des nouvelles technologies et du Web (c’est mon cas). Un candidat m’a interpellé récemment : comment faire, quand on a quarante ans, pour être embauché par les « requins » frais émoulus ? Quels sont les principaux préjugés des recruteurs à l’égard des « vieux » et comment les surmonter ? Que faut-il mettre sur son CV et que faut-il cacher ? Voici quelques éléments de réponse tirés de ma propre expérience.


Le groupe associatif qui m?emploie a vocation à être exemplaire dans sa pratique sociale. Parité hommes-femmes, accueil de handicapés, non-discrimination envers les « minorités visibles », chance laissée aux « accidents de parcours » et aux changements de cap. L?idée que la volonté (de s?en sortir) doit primer sur la naissance nous accompagne à chaque recrutement, même s?il est difficile d?atteindre la perfection dans ce domaine. J?ai toujours tenté d?être exemplaire sur ces points, et je ne l?ai jamais regretté. Ma petite équipe a toujours été diversifiée et complémentaire et je souhaite qu?elle le reste.

Il y a pourtant un ilôt d?inégalité qui subsiste dans ma pratique. Je ne m?en étais pas forcément aperçu, jusqu?à ce qu?un candidat non retenu (il s?est présenté trop tard, le poste étant pourvu), qu?on appellera Didier, ne m?interroge sur les possibilités qu?offre le secteur associatif à un développeur Web de 40 ans. A la lueur de nos échanges, Didier a le profil idéal : motivé, techniquement compétent, rôdé au développement pour le Web, il s?exprime bien et aborde les questions avec intelligence. Pourtant, son CV n?aurait probablement pas été retenu. Moi, jeune con de 27 ans, j?ai aujourd?hui le pouvoir de refuser à un aîné le droit de travailler parmi nous, et il n?est pas si rare que cette responsabilité lourde soit confiée à des individus de ma classe d?âge.

Pourquoi refuser les « vieux » (note : le terme « vieux » n?a rien de choquant en soi, auparavant on parlait de « vieillard » avec respect ; c?est justement le jeunisme qui rend le mot péjoratif) ? Je pourrais me défendre en invoquant la tradition, la politique de recrutement plutôt jeune, mais ce serait facile. La position de recruteur vous donne une responsabilité dont il est aisé de se défausser. Le poste que vous souhaitez pourvoir a des exigences. L?organisation qui vous embauche a des attentes, des présupposés. Parfois explicites, écrits sur une fiche de poste ; d?autres fois très implicites, soit parce qu?ils sont honteux et discriminatoires, soit simplement parce qu?ils sont difficiles à exprimer. Lorsqu?un candidat n?est pas retenu, on aura plutôt tendance à dire : « vous ne correspondez pas aux critères de la boîte » que « je n?aime pas votre tête ». Pourtant, le rôle d?un « responsable » implique une capacité à raisonner par soi-même, à choisir, à décider, y compris lorsque ces choix diffèrent de ceux de la hiérarchie. Moralement, c?est donc généralement par lâcheté qu?on se défausse de ses décisions en invoquant la « politique de recrutement » de l?entreprise. Ou alors c?est qu?on est un clone sans libre-arbitre, ce qui n?est guère plus attrayant.

En réfléchissant bien à cette situation, j?ai compris que j?avais (mais je ne pense pas être le seul dans ce cas) un certain nombre de préjugés sur les développeurs plus âgés. Voici les principaux préjugés qui me viennent à l?esprit. L?objectif, c?est de démonter ces préjugés ou de trouver des clés pour les vaincre à l?avenir. Par altruisme, mais aussi par intérêt personnel. Parce qu?on finira tous par y arriver, et qu?il faudra faire face aux préjugés des jeunots d?en face.

Préjugé 1 : les vieux travaillent sur du Cobol

Caractère récurrent du secteur de l?informatique, l?obsolescence des connaissances est un vrai souci pour valoriser l?expérience auprès des employeurs. Si vous avez débuté l?informatique avant l?invention du PC, la plupart des jeunes loups imaginent que vous êtes resté bloqué aux technologies de la préhistoire, Cobol et Basic, DOS et Atari 2600, que votre maison est un musée et que personne ne vous a tenu informé de l?invention du Web et des smartphones. Certes la plasticité cérébrale est moindre à 40 ans qu?à 18, mais avoir un vécu ne signifie pas qu?on reprendra toute sa vie les mêmes recettes pour régler toutes les questions nouvelles. A vous de prouver que vous avez su adopter les nouvelles technologies dans leurs bienfaits, et que votre expérience vous donne un regard avisé sur leurs désagréments.

Comment s?en débarrasser :

  • raccourcir les étapes les plus archaïques de votre CV ;
  • reformuler les références techniques obsolètes avec des mots-clés du développement Web actuel (« utilisateur », « asynchrone », « ergonomie », « communautaire », « server-side ») ;
  • vous créer un book de technos à la mode : Ruby on Rails, Ajax, XHTML+CSS ;
  • animer un site de réseaux sociaux Web 2.0 ;
  • tenir un blog dédié aux gadgets technos ;
  • publier des articles sur des sites de veille technologique?

Il faut que votre nom soit associé à la veille et à l?innovation. Sans tomber dans l?angélisme , ni dans le rejet pur et simple. Ainsi, si vous êtes convaincu intimement que toutes ces nouveautés sont des gadgets éphémères et que leurs utilisateurs sont des crétins, il vaudrait mieux ne pas le crier trop fort devant votre recruteur.

Préjugé 2 : les vieux ne peuvent être que chefs de projet

Chaque jeune décideur a dans un coin de son crâne une certaine idée de l?ascension sociale. On démarre stagiaire, puis assistant à l?exécution, puis exécutant, puis assistant au responsable-chef de projet, puis chef de projet, etc. Dans ce schéma mental calqué sur son projet de carrière, l?idée d?avoir un exécutant de 40 ans est dérangeante. Est-ce un échec ? Un manque d?ambition, d?objectifs ? Cette personne est-elle incapable de suivre l?ascension prévue, normale, codifiée ? Ce serait oublier que tout le monde n?aspire pas au même rêve. Que certains sont d?excellents techniciens mais n?ont pas envie de diriger une équipe. Que l?on peut « se contenter » (même le vocabulaire est péjoratif) de produire un travail de haute qualité, sans nécessairement briguer le fauteuil de chef. Ou encore, que l?envie peut exister mais que les conditions (expérience, formation, chance) n?ont pas encore été réunies pour que la personne formule cette demande.

Comment s?en débarrasser :

  • être clair sur vos objectifs professionnels ;
  • donner de l?envergure à votre métier, en valorisant par ex. votre passion pour les projets complexes, pour le travail bien fait, votre créativité dans la résolution de problèmes techniques..

Il faut que l?ambition transparaisse (les recruteurs aiment l?ambition) même si elle ne s?applique pas strictement à votre plan de carrière (de toute façon les recruteurs n?aiment pas les carriéristes qui menaceraient leur place).

Préjugé 3 : les vieux sont gourmands

Même si les faits démontrent parfois le contraire, nous avons la conviction que les salariés plus expérimentés sont plus chers, plus exigeants, plus gourmands. Il est certes plus aisé pour un salarié expérimenté, qui a connu cinq ou dix entreprises et des dizaines d?entretiens de recrutement, de négocier sa rémunération, que pour le jeune diplômé lâché dans le monde du travail. Mutuelle, tickets restaurant, avantages en nature, syndicalisme ; et le jour où ça tourne mal, prud?hommes, indemnités, guerre avec l?employeur? Les employeurs se méfient des candidats trop informés sur leurs droits. Comme me le suggérait Didier par e-mail, les jeunes sont jugés plus « malléables » : en réalité, ils sont exploités à la mesure de leur ignorance du droit du travail.

Comment s?en débarrasser : sans étouffer vos prétentions salariales ou vos interrogations sur les avantages secondaires, soyez prudent.

  • N?affichez pas un chiffre mirobolant dès le premier e-mail en prévoyant de négocier à la baisse plus tard : votre CV risque de passer à la trappe au premier coup d??il.
  • En revanche, si vous avez une expérience spécifique qui justifierait votre embauche par rapport à un jeune diplomé, profitez de l?entretien pour la faire valoir.
  • Sur les avantages, laissez le recruteur aborder ces questions ou posez la question en dernière instance, au moment de partir.

Préjugé 4 : les vieux sont ingérables

En élargissant les préjugés précédent, on trouve cette somme de clichés inquiétants : les vieux sont expérimentés (donc plus attentifs aux erreurs du management), plus rôdés à la marche des entreprises (donc plus difficiles à convaincre), plus ancrés dans leurs habitudes (donc réticents au changement), plus sceptiques sur les modes éphémères (donc difficiles à motiver). Fossé des générations ? En fait, c?est surtout la peur et l?inexpérience des jeunes recruteurs qui transparait dans ces clichés. Car recruter quelqu?un qui pourrait être votre père ou votre mère, c?est une situation à laquelle l?éducation ne nous a pas préparés. Certains se sentent menacés par l?expérience d?un employé plus âgé. Pour ces raisons, une organisation qui confie des responsabilités importantes à des jeunes aura spontanément tendance à recruter d?autres jeunes, par mimétisme, par facilité. Nouvelles recrues qui, au fil du temps, se verront confier des responsabilités croissantes jusqu?à devenir recruteurs à leur tour et perpétuer la boucle?

Comment s?en débarrasser : difficile à dire, puisque c?est l?état d?esprit des recruteurs qui est en cause. D?abord, il ne faut pas se disqualifier d?avance en insistant sur son âge dans le CV ou la lettre de motivation. Pourquoi ne pas masquer cette information « discriminante », ce qui est plus facile que pour les « CV anonymes » employés pour éviter la discrimination au patronyme ? Ensuite, lors de l?entretien, il faudra répondre aux angoisses que j?évoque ci-dessus. Sans renier votre personnalité, il faut réfuter les préjugés les plus infondés, convaincre que l?idée d?être encadré par une personne plus jeune n?est pas un handicap, au contraire. L?exercice est difficile, et il dépendra autant de votre approche que des attentes et de la psychologie de votre interlocuteur.

Derniers conseils

Je ne prétends pas donner une recette magique, ni parler au nom de l?ensemble des recruteurs, mais il est difficile aujourd?hui de trouver un emploi technologique passé quarante ans et je pense qu?il est important de connaître les embuches pour mieux les surmonter. Il n?est surtout pas question d?abdiquer ses différences, de forcer des hommes et des femmes matures de mimer leurs cadets. Mais toute ?uvre de séduction (le recrutement est une forme de séduction réciproque) suppose de trouver des ressemblances et de mettre en scène les complémentarités.

Le jeunisme ambiant est le système dominant et les valeurs traditionnelles de la vieillesse (vécu, réflexion, tempérance) sont disqualifiées, surtout dans le secteur des nouvelles technologies. Pourtant, si ce domaine continue de vous attirer, c?est que votre soif de nouveauté est vivace. Que le changement perpétuel ne vous effraie pas. Soyez à l?image de ce secteur : montrez combien vous êtes capable de changer, d?évoluer, de remettre en cause vos schèmes de pensée. Suivez une formation (en profitant du DIF si vous êtes encore employé), animez des blogs, ayez un regard affuté mais critique. Séduisez le jeune cadre qui vous fait face, et rassurez-le sur sa capacité à vous gouverner. Ce n?est qu?un enfant, après tout.

Voilà quelques idées qui sont loin d’être exhaustives. Si vous avez une expérience à évoquer, des idées à suggérer pour compléter cette liste, n’hésitez pas à commenter ci-dessous.

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23 réponses à Développeurs : à quel âge serez-vous trop vieux ?

  1. Développeurs : à quel âge serez-vous trop vieux ?

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  2. infofiltrage dit :

    Damien, ton article me fout le "caphar" ! J’ai presque 40 ans et j’ai l’impression d’être plus jeune que toi, bien que je me reconnais dans l’excellent portrait de l’informatichien (Didier) préhistorique, rustique, coboliste et chaballique que tu nous dresses !

    Les préjugés sur les informaticiens sont beaucoup plus larges encore. Un ami, directeur d’agence d’une entreprise de plus de 400 personnes, m’exposait récemment à quel point cette boite détestait les informaticiens au point d’en avoir qu’un seul… moins considéré qu’un cariste.

    Moi même, bourré de TIC, ai des préjugés sur les jeunes ingénieurs informaticiens BAC+5… qui ne savent ni lire ni écrire. Ce qui est un constat dramatique, lorsqu’on observe que l’informatique repose en partie sur la science des langages.

    C’est grave docteur ?
    :)

  3. trebormat dit :

    Bonne analyse vu du recruteur à mon avis jeune ou pas. Par contre ma vision n’est pas la même des recruteurs anglosaxons et particulièrement américain. On peut être un développeur aux états unis sans limite d’âge.
    Par contre l’ascension existe aussi chez les développeurs. On peut être encore un ouvrier de l’informatique à 40 ans et ça c’est grave. Connaitre et utiliser les dernières techno c’est bien mais à 40 ans il faut être capable de ne plus être l’ouvrier mais l’ingénieur voir le gouru. C’est une profession où l’on créé et où l’on est autoditacte. L’âge n’a rien à voir la dedans.

  4. Jérôme dit :

    Jeune fraîchement sorti de l’école, les recruteurs m’expliquaient que je n’avais pas assez d’expérience. Maintenant la quarantaine passée, je suis vieux et je ne correspond pas au « profil de l’entreprise ». Bref l’age est comme beaucoup de pseudo-critères un simple prétexte au refus « argumenté ».

    Avant je le prenais en pleine poire, mais avec l’age une réflexion m’ai venue : Et si la prise en compte abusive de ce critère ne servait qu’a masquer les incohérences du profil recherché ? En effet que reproche-t-on aux vieux : leur expérience qui leur permet d’apporter une plus value à l’entreprise, leur sens de l’adaptation et leur coté autodidacte (travailler vingt ans dans les secteurs du développement informatique oblige à certains changements et de nombreuses auto-formations), leur demande de reconnaissance en tant que développeur (et non pas simple exécutant stagiaire), leur compréhension des stratégie de management de l’entreprise ?

    Mais en quoi ces points devrait être un frein à leur embauche ? A moins que les dés ne soient pipés.

    Le seul cas où je comprend que l’age puisse être un réel frein à l’embauche alors de les compétence correspondent au poste, c’est quand l’entreprise est basée sur une structure de management hiérarchique (le chef omniscient qui ne peut être moins savant que l’un de ces subordonné), où le personnel est évaluer selon son titre (ne sachant pas exactement se que fait un employé, il est plus facile de lui coller un étiquette et de s’y tenir), là où aucune évolution de poste n’est possible (un programmeur « système » est incapable de comprendre les additions et soustractions servant aux calculs comptables), et où l’on considère la masse salariale comme une charge toujours trop élevée. Bref une entreprise basée sur l’exploitation des forces de travail anonymes, et non une structure regroupant des collaborateurs, intégrés dans des équipes, participant à une même synergie.

    Alors finalement avec le temps j’ai compris que cet argument de l’age cachait trop souvent beaucoup plus qu’une simple gêne dut à la différence de génération. Et lorsqu’il m’est opposé je suis heureux de pouvoir éviter à temps une relation avec une entreprise caricaturée au paragraphe précédent, où il ne fait pas bon vivre. Et avec le temps, j’ai même appris à détecter parmi les offres d’emplois ces propositions d’asservissements, pour les ignorer assez vite.

  5. Juju dit :

    Article fort intéressant.
    Cependant, si il est deux types 2 types d’âge: le mental et le physique?

    Sur ces bonnes paroles je crois qu’il y a un qui film qui t’intéresserait fortement sur la politique capillaire des années 30 en suède doublé en Serbe.
    ;)

    Bon blog que voilà.

    Biz

  6. Marc dit :

    Article et commentaires tres interessants. Merci.
    Pour le moral, voici mon témoignage -positif- sur le sujet:
    j’ai toujours été passionné par les nlles technos, la créativité, la découverte de nouveaux domaines . Apres un passage par un job classique de manager de projets dans une grande entreprise, j’ai convaincu la direction de créer un poste de responsable de l’innovation, je suis donc maintenant payé pour les idées nouvelles que je détecte ou que je fais émerger collectivement. Je fais bp de veille (pas vieille !) technologique, et suis donc tout à fait en phase avec mes collègues qui, en général, sont bp plus jeunes que moi;
    …j’ai 49 ans.

  7. graphifred dit :

    Même chose que Jérôme. Je sortais de l’école, les recruteurs m’expliquaient que je n’avais pas assez d’expérience. Maintenant à 37 ans, je suis vieux et je ne correspond pas au « profil de l’entreprise ». Je suis considéré comme trop vieux. Je suis infographiste depuis plus de 10 ans, et j’ai travaillé aux USAs, où c’était vraiment facile de trouver un job. Pas de discrimination aux niveau de la couleur de peau, de l’age, de ton expérience etc… On nous donne une chance. Tu l’as prend ou pas. Ca marche, tu restes et tu évolues très vite. Malheuresement plus de papiers de travail, il a fallu que je revienne en France. Ici toutes les boites d’interims me disent qu’ils ne prennent uniquement que des jeunes et dynamiques. Ah bon, à 37 je ne suis plus jeune et surtout dynamique? Jusqu’à max 35 ans. Les annonces même topo. Je déprime car je vois bien la difference avec les autres pays. Il faut arrêter. Même un petit boulot de caissier il faut des critères precis: jeune, femme, bac plus 2 et expérience. Les 2 seules entretiens de graphiste seraient payé au SMIC? C a d, meme chose qu’une femme de ménage. Je gagnais jusqu’à 2000? par mois aux usa. C la grosse déprime que me reste t-il?. L’état ne pense qu’aux jeunes. Il faut arrêter ça et penser aux autres. Pourquoi pas aussi au plus de 40 et 50.

  8. Tirom dit :

    Aie, j’ai 40 dans un mois, 22 ans dans l’informatique….. je passe mon temps a ratrapper les bourdes des jeunes en cravatte qui sont partis en week end par ce que c’est l heure, mais malheusement, je sais que ca va etre chaud de plus en plus pour moi.

  9. imc dit :

    J’ai 27 ans et suis chef d’entreprise. Je n’ai aucun salarié pour l’instant mais je pense que j’aurais à embaucher d’ici quelques années. A première vue je ne pense pas que l’age soit un problème. Un "vieux" (pour reprendre l’expression) peut être très dynamique. Je vais prendre ma mère comme exemple qui serait une parfaite employée (je précise qu’elle ne connait rien en programmation à par la programmation du four de sa cuisine ^^ ). Elle est dynamique, a de l’expérience dans son domaine, et n’est jamais à court d’idées.
    Après je pense que si j’ai à refuser une embauche ce sera surtout sur des critères de compatibilité de caractère. enfin on verra.. :)

  10. Tom dit :

    J’ai bientôt 40 ans, je suis surement plus jeune que toi dans ma tête, et j’ai certainement plus de respect que toi pour l’humanité, tu te permets de nommer "altruiste" et de ce fait donner des conseils aux plus vieux de 13 ans, je te le rappelle, car si j’ai bien compris tu en a 27. Personnellement, je préfére éviter le genre d’énergue humaine de ton genre fonctionnaire pour ne pas perdre mon énergie et mon temps. Il est vrai qu’en France bcp cultive ce genre d’individu, je plains ces gens là, car je ne vois pas ce qu’il mangerons d’ici quelques années vu leurs clichés de "vieux", déjà à 27 ans! Pauvre avenir à eux et à ceux qu’il ne leur ont pas appris a s’adapter. Heureusement pour moi encore une fois, j’identifie desuite ce genre d’individus pour les sortir immédiatement de mon champs. Je te plains petit fils à papa.

  11. Cher Tom,

    Mon propos n’était certainement pas de stigmatiser mes aînés, de 13, 30 ou 50 ans. Je suis assez vieux dans ma tête pour savoir que le vieillissement est inéluctable et que je finirai bientôt par atteindre l’âge de mes aînés d’aujourd’hui.

    Pourquoi ai-je écrit ce billet ? Parce que je lis régulièrement dans la presse informatique professionnelle que le recrutement des +40 ans est difficile dans les SSII et les services informatiques, surtout aux postes de techniciens. Et parce qu’un candidat de 40 ans m’a demandé si le secteur était particulièrement discriminant. La réponse est oui.

    J’ai constaté que j’avais moi-même des préjugés, et je t’assure que je fais un effort pour les combattre. Dans le but de faire avancer les choses, j’essayais donc de partager mon regard de recruteur de 27 ans et les préjugés qu’il faut faire reculer pour faciliter l’embauche. Je n’ai pas la prétention d’expliquer la vie ou de donner des ordres à qui que ce soit.

    Tu peux m’accuser de colporter ces préjugés, c’est un risque en effet et ce n’est pas mon intention. Car la liste de points que j’aborde ne vient pas de moi ; c’est au fil de discussions avec de "jeunes" collègues que j’ai constaté que certains revenaient régulièrement. Je n’ai pas affirmé que ces préjugés étaient fondés : ce que je sais c’est qu’ils existent et ils sont dans la tête des jeunes cadres de l’informatique. On pourrait refuser d’en parler mais ça ne ferait pas avancer le problème.

    Faut-il fermer les yeux ? Non, je pense qu’il faut s’en inquiéter, et les jeunes cons, "fils à papa" comme tu le dis, doivent se poser la question. Je suis con sans doute, et pas aussi altruiste que je le voudrais, mais au moins je me pose la question, en espérant que ma réflexion peut susciter un débat.

    Est-ce que mon billet répond à la question ? Je ne sais pas. Il faut sans doute aller plus loin, changer les mentalités depuis la source. Mais comment faire ? Je n’ai pas forcément de réponse. Mais je pose la question.

    Toutes les contributions sont à prendre pour faire évoluer cette situation.
    Si tu as des idées, je suis preneur.

  12. rencontre dit :

    En tant que développeur pas encore vieux lol je puis affirmer sans crainte que ce métier peut facilement s’exercer jusqu’à un age très avancé. Il est plus dur de s’adapter pour un vieux aujourdhui mais ce sera différent que de "grandir" avec.

  13. Primo dit :

    Bonjour,
    J’ai 40 ans passé. A 35 ans, disposant d’un bac+2 depuis de nombreuses années, j’ai décidé de reprendre mes études a côté de mon travail pour ne pas avoir a vivre se gap technologique que je n’avais d’ailleurs pas puisque je développais sur les nouvelles technologies.
    J’ai effectué une licence, une maitrise, un master avec mention trés bien et un doctorat informatique.
    Devinez ?? Maintenant, lorsque j’envoie un cv, comme on ne peut pas me répondre que je ne suis pas dans le "panel" technologique, c’est simple, on ne me répond même plus !!!

  14. Primo dit :

    CQFD
    C’est même marqué sur un site de recrutement spécialisé IT !!!

    link to easi.net.

  15. Tom dit :

    Des idées ….. Je crois qu’en France tout particuliérement, il y a une sale mentalité dans la plupart des entreprises, il faudrait se demander d’où celà provient ! Un genre d’arrangement pour mieux faire plier le salarié, pour ainsi mieux l’exploiter, et mettre au poste de pilotage un jeuno, tout bien frais, qui crois encore au pére Noël, résultat, tout le monde est content, le coup de la main d’oeuvre en France reste très compétitif, le big boss peut se frotter les mains. Constructif, non, il n’y a rien de constructif dans ce genre d’attitude. A mon avis, le seul changement passera par la révolte, lorsque le jeuno aura capté que lui aussi on le prend pour un con! Personnellement, je ne veux plus travailler en France, avec ces SSII qui se moquent du monde, je travaille uniquement via des agences de recrutement principalement sur le sol UK et reste de l’Europe, en tant que consultant, les factures sont presque double presque partout ailleurs en comparaison avec les prix facturés en France, je ne refile pas 66% de ma facture à ces marchands de viande sans scrupules de SSII qui veulent sans cesse nous faire la leçon alors qu’ils ne comprenent rien à rien, mais un bon 15% au commerciaux qui démarchent le client, on me retient parcequ’on a besoin de mes services, pas pour me faire plaisir, pas pour mon âge, je ne fait pas un rdv client ou un entretien d’embauche pour justifier le salaire du recruteur ou du petit jeuno qui se la péte et vient perdre "mon" temps à m’expliquer que je suis trop vieux, si j’étais un poil moins civilisé, je lui demanderai d’aller m’expliquer à l’extérieur de son bureau ce genre de considération pour mesurer le poids de ma main sur sa gueule, il pourrait je pense de cette maniére là rapidement comprendre qu’à 40 ans on a 2 fois plus de force qu’à 25, dans les bras et dans la tête ….. Côté discrimination, je ne la connais pas en dehors de mon pauvre pays la France. Le Français est formaté, victime de la propagande TV principalement, on lui rabache à longueur de journée les termes discrimination positive, et il fini par y croire. Alors on place le moins expérimenté, le plus naïf au commande, enfin c’est ce qu’il croit, et on exploite. Le pb n’est pas spécifique à l’IT en France, c’est un véritable pb de société, il faudra peut-être bien qu’un jour le Français arrête de voter pour des communistes qui se succèdent depuis près de 30 ans dans le pays, et qui ont purement et simplement tout détruit et lobotomisé une bonne partie de la population, encore plus notre pauvre jeunesse qui se profile. En définitive, je plains largement les pauvres petits managers à la Accenture qui se font exploiter à 200% par les institutionels et qui continue à y croire sans comprendre aujourd’hui qu’ils seront très bientôt eux aussi traité de cette façon là s’ils continuent dans ce système.

  16. sansjob dit :

    Bonjour,
    Merci de me relayer pour le démarrage du site http://www.tropvieux.com qui doit devenir un lieu d’échanges pour la communauté des victimes de la discrimination par l’âge.
    Cordialement.

  17. Excellente initiative que ce site, je soutiens ! Avez-vous besoin d’un coup de main pour le design Web, du développement PHP ou autre ?

  18. creation site dit :

    Effectivement, pas mal du tout cette initiative tropvieux . com mais en même temps, y a t il vraiment un age limite dans la création de site et le développement?

  19. Perco je pense qu’il n’y a pas d’age pour avoir de bonnes idées, j’ai des « vieux » qui bossent avec moi et honnetement je ne sais pas ce qu’on ferai sans eux :)

  20. Airedale dit :

    Je pense qu’il n’y a pas d’âge !
    Laiza

  21. paul dit :

    une belle prise de concience !

    Une chose important qui est oubliée, et qui est essentielle pourtant: les « vieux » sont expérimentés. ils savent faire et encore capable de réflechir !

    en France on est considéré « senior » à 38 ans… !
    et Senior en france ca veut dire agé etc… tout ce qui est négatif.

    le dernière fois lors d’un déplacement pour pour une société (giga corp) Américaine dans le cadre de mon role d’ingenieur logiciel senior, et là, dans une entreprise Américaine ca veut dire 23 ans d’experience professionnelle…donc une experience dont la société va tirer partie, un collègue français m’a dit être choqué de voir un « petit vieux » qui travaillait à enlever des taches sur la moquette de l’hotel qui hébergeait la conference où nous étions. il rajoute en fait en france on ne voit pas çà , sous entendu ils sont à la retraite…

    En fait, c’est bien là que réside le problème en France : les entreprises poussent les gens à partir des qu’ils ont 40 ans, c’est à dire que nous n’avons pas l’habitude de les voir travailler des gens âgées dans les entreprises mais de considerer trop facilement qu’ils doivent être à la retraite.

    c’ets un problème de société crucial à méditer…

  22. Guillemot dit :

    vous créer un book de technos à la mode : Ruby on Rails, Ajax, XHTML+CSS ;
    Vous créez un book de technos à la mode, …
    Les vieux ça sert à ça aussi.

  23. Martial dit :

    Les entreprises recherchent toutes des dev de 30 ans d’âge qui connaissent au moins 4 langages (C/C++, C#, Java, PHP), 3 frameworks (.net, J2EE, Zend), 2 systèmes (Windows server, linux) et 1 domaine fonctionnel (en fonction du client final), le tout en étant expert.

    Bien évidemment, être « motivé, polyvalent et force de proposition » pour 33-35 k€ (il se fait combien ce fdp de commercial de SSII bac+2 d’ailleurs ?)

    Bien sûr, 25 ans trop jeune, 38 trop vieux, trop loin, trop diplômé, pas assez diplômé, pas assez d’experience, trop d’experience, trous dans le cv, carrière « bizarre », etc., etc. seront exclus sans appel.

    C’est simple, depuis quelques années dans le domaine de l’IT j’ai l’impression que ça ressemble plus à du tapi âge qu’autre chose…

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